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Velvet
Thomas Hardy et Tess d'UrbervilleImprimerEnvoyer
Dimanche, 07 Mars 2010 16:43
Écrit par Velvet



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THOMAS HARDY

 

 

 

I)Présentation de sa vie

1840 : il naît à Higher Brockampton, près de Dorchester. Son père et son grand-père étaient maçons et jouaient du violon dans le chœur de la paroisse locale. Il compte parmi ses ancêtres un amiral de Nelson, mais la famille a décliné socialement. C’est un enfant de santé fragile que ses parents n’envoient pas à l’école avant l’âge de 8 ans.

1848 : il fréquente l’école locale dirigée par la dame patronnesse Julia Augusta Marin pour laquelle il éprouve un sentiment teinté de sensualité. Sa mère le pousse beaucoup dans ses études et lui fait lire par exemple Paul et Virginie, ou Virgile. Son père lui apprend à jouer du violon et lui communique sa passion pour la musique. Il jouera du violon dans les bals et dans les mariages.

1850 : il souffre d’être séparé de Mrs. Martin. Il entre à l’école de Dorchester, dirigée par Isaac Last, latiniste réputé. Il commence à étudier le latin et il lit Virgile dans le texte. Il connaît très bien la bible et le livre de prières en usage. Il découvre les ballades paysannes chantées pendant les moissons. Il joue du violon tard dans la nuit aux fêtes et aux mariages où son père l’emmène.

1854 : Il a 14 ans. Il manifeste un vif intérêt pour les jeunes filles de Dorchester et assiste à des soirées accompagnées de beuveries et de chants dont l’écho se retrouvera dans Tess. Il est très lié à ses cousines Sparks, courtise Rebecca, plus âgée que lui et qui ressemble beaucoup à sa propre mère. Mais, surpris, il est chassé de la maison dont on lui défend l’accès pendant un certain temps. Le choc de cet interdit s’ajoute à l’obsession de sa virilité naissante. Naissance de sa cousine Thryphena Sparks.

1856 : Il assiste devant la prison de Dorchester à la pendaison publique d’une femme exécutée pour le meurtre de son mari. Elle l’a tué à coups de hache à cause d’une crise de jalousie. Il a été marqué par la vision de cette femme.

1858 : il assiste encore à une exécution, celle de James Seale qui avait tué une jeune femme handicapée de 25 ans.

1860-1867 : il travaille chez l’architecte Hicks à Dorchester. Il étudie seul le latin, se lie avec un fils de pasteur, Horace Moule, qui a 12 ans de plus que lui et lui fait faire du grec. Celui-ci vient de finir ses études à Cambridge et il aura une grande influence intellectuelle sur Thomas Hardy. Puis il part pour Londres pour travailler chez l’architecte Blomfield : son champ d’intérêt s’élargit. Sa passion pour la peinture se développe mais il perd la foi religieuse. Il admire l’ouvrage de Darwin à sa sortie. Il commence à écrire de la poésie. Ses poètes préférés sont Swinburne et Browning.

1867 : pour des raisons de santé il revient au pays natal. Il restaure des églises dans les environs de Dorchester. Il tombe amoureux de Tryphena . Il aurait eu un enfant avec elle. Elle meurt à l’âge de 38 ans. Sa mort l’a bouleversé. A la fin 1867, il commence à écrire son premier roman The poor man and the lady.

1868 : il propose son roman à un éditeur qui le refuse car il juge la critique de la société trop forte.

1869 : il propose son livre à un autre éditeur et rencontre George Meredith qui est chargé de l’aider. Il ne publie pas ce roman mais garde l’idée pour une nouvelle.

1870 : il se rend en Cornouailles à Saint Juliot pour restaurer l’église. Il rencontre sa future femme Emma Lavinia Gifford, belle-sœur du recteur. La différence de leurs origines sociales pèsera sur leur relation.

1871 : le manuscrit de Remèdes désespérés est refusé par un éditeur puis accepté par un autre. Le livre se vend bien mais les critiques sont partagées.

1872 : il est tenté d’abandonner la littérature mais Emma l’en dissuade ; un éditeur accepte Sous la verte feuillée, c’est la première apparition du Wessex dans son œuvre. Les critiques sont élogieuses.

1873 :le père de Virginia Woolf, Leslie Stephen, lui propose de publier un roman en feuilleton dans sa revue Cornhill Magazine. Ce sera Loin de la foule déchaînée. Il sera publié en feuilleton. Il est salué comme un chef d’œuvre et il est même comparé à George Eliot. Horace Moule se suicide en se tranchant la gorge. Il travaille à des plans d’écoles dans un cabinet d’architectes de Londres. Il écrit Deux yeux bleus.

1874 : mariage avec Emma Gifford.

1875 : Hardy et sa femme vont habiter à Swanage dans le Dorset. Il publie un poème.

1876 : le couple Hardy fait un voyage en Hollande, en Allemagne et en Belgique. Il publie la main d’Ethelbertha. Accueil mitigé de la critique. Emma travaille à des carnets et prend des notes quotidiennes. Voyages en Belgique et en Hollande. Relation difficile entre Emma et la mère de Hardy. Le couple s’installe à Londres. Hardy rencontre Macmillan l’éditeur de Huxley. Il est élu au Saville club. Mauvaise critique de retour au pays natal. Il travaille sur le Trompette-major qu’il publiera en feuilleton. Il revient à ses racines au Dorset. Ses relations avec Emma se détériorent. Ils rencontrent des actrices.

1877 : sa cousine Tryphena se marie avec Charles Gale.

1880 : il est malade, il a des calculs rénaux.

1881 : ils s’installent à Wimborne dans une maison avec un grand verger. Il possède un observatoire privé. Il rencontre Tennyson, Browning et H. James.

1883 : le couple va habiter à Dorchester. Il supervise la construction de leur maison. Il publie un article.sur l’ouvrier agricole du Dorchester.

1884 : il devient juge de paix à Dorchester. Mort d’Emma Sparks qui avait immigré en Australie.

1885 : ils s’installent dans leur maison et Robert Louis Stevenson vient leur rendre visite. Mort de Rebecca Sparks. Cette obsession des femmes de la même famille se retrouve dans son livre La bien-aimée.

1886 : il publie le maire de Casterbridge

1887 : il publie les forrestiers. Le couple voyage en France et en Italie. Son pessimisme s’accroit. Sa femme attrape la malaria.

1888 : il publie les Récits du Wessex ; il songe à Tess : il consulte les archives locales pour retrouver des faits divers. Ainsi en 1797, une femme nommée Margaret Kennedy est condamnée à mort pour avoir volé un bouton qu’elle a dissimulé dans sa bouche ; l’importance de telles atrocités est capitale dans son roman ; il songe à Jude l’obscur. Il écrit deux nouvelles remarquables : A tragedy of two ambitions.

1890 : il se détache d’Emma et noue des amitiés littéraires et féminines, ainsi avec Rosamund Tomson, auteur de ballades. Il apprend la mort de Tryphena et la célèbre dans un poème révélateur.

1891 : année très féconde ; il publie ses nouvelles : un groupe de nobles dames, l’homme démasqué et Tess.

1892 : la bien-aimée paraît en feuilleton.

1893 : publication des petites ironies de la vie. Il rencontre Florence Henniker, intellectuelle, cosmopolite et romancière. Elle le rejette. Elle sera un des modèles de Sue Bridehead dans Jude l’obscur.

1895 : Jude l’obscur paraît en feuilleton. Il rencontre Agnes Grove, la fille du général Pitt-Rivers. Elle est journaliste, aristocrate, belle et originale. Hardy écrit une nouvelle avec Florence Hanniker.

1896 : scandale après Jude l’obscur. Mauvaises critiques. Emma est blessée par le caractère anti-religieux du roman. Elle l’accuse de suivre l’exemple de Zola. Hardy se tourne vers la poésie. On y trouve la marque de le mort d’Horace Moule et de ses trois cousines. Il révise la Bien-aimée.

1898 : il publie les Poèmes du Wessex.

1904 : la santé de Hardy décline ; mort de sa mère.

1905 : il fait la connaissance de Florence Dugsdale, auteure de livres pour enfants. Il est reçu docteur honoris causa par l’université d’Aberdeen. Il rend visite à Swinburne.

1907 : ils sont invités à la garden-party donnée par le roi Edouard VII au château de Windsor.

1910 : il reçoit l’Ordre du mérite, après avoir refusé celui de chevalier.

1912 : mort de sa femme Emma.

1914 : il épouse Florence Dugdale et détruit des documents qu’il juge trop intimes. Il révise ses poèmes. Sa gloire est grande à présent. Il reçoit beaucoup chez lui.

1928 : il meurt d’une attaque après plusieurs semaines de maladie ; il est incinéré et ses cendres sont enterrées dans le coin des poètes à l’abbaye de Westminster. Mais son cœur est à Stinsford auprès de sa première femme.

 

II)Présentation rapide de Tess d’Urberville

J'ai été séduite par le personnage et  son étrange histoire. Les propos tiennent à la fois du romantisme le plus éthéré et d'un réalisme cru sans poésie aucune. Les événements sont retranscrits avec une précision et une froideur presque naturaliste. L'auteur analyse le long cheminement de l'héroïne en donnant rarement son avis.

On découvre l'existence de Tess placée sous le signe de la malchance. La seule circonstance atténuante est qu'il s'agit d'"une femme pure" ainsi que nous le suggère le sous-titre. Le livre est concentré sur différentes "phases" de la vie de la jeune femme. Elle mène une existence sage auprès de ses parents. Son père boit un peu, ne survient guère aux besoins familiaux, mais il fait un jour une découverte qui va changer sa vie. Il apprend qu'il est de noble ascendance. Tess est aussitôt envoyée chez des cousins éloignés où elle fait une très mauvaise rencontre. Son soi-disant cousin Alec d'Urberville ne pense qu'à la courtiser et à la mettre dans son lit. Il la harcèle de ses avances et n'abandonne pas tant qu'il n'a pas obtenu ce qu'il voulait. Ces incidents obligent Tess à fuir cet endroit devenu inhospitalier. Elle rencontre ensuite Angel. Elle se refuse à lui en raison de son passé, mais finit par succomber au charme du jeune homme. On pourrait croire qu'elle aurait été heureuse et que son passé aurait été oublié, mais le contraire se produit, et rattrapée par des événements qui la dépassent la voilà obligée de fuir à nouveau. Elle se cache pourtant bien, mais pas suffisamment car Alec la retrouve et enclenche l'infernale machine qui va causer sa perte. Tess se précipite tête baissée vers la tragique issue.

Le roman est savamment composé. L'auteur analyse chacune des phases avec beaucoup de précisions. Le style classique mêle réflexions psychologiques et descriptions pittoresques. L'ambiance est finement mise en place et certaines formules de l'auteur accompagnent le destin de Tess. Les sentences prophétiques scellent son sort plus sûrement que ne l'aurait fait le coryphée d'une tragédie. La passion presque entièrement condamnée ici n'a jamais sauvé Tess, malgré son coeur pur, elle a accumulé tant d'expériences malheureuses qu'elle a été punie par son attitude irréfléchie. L'auteur décrit une vie campagnarde rude et misérable. Les travailleurs de la terre sont méprisés par les gens riches qui les exploitent. Seul Angel Clare a su voir la beauté de Tess et a rêvé qu'elle l'assiste dans ses projets. Son audace a peut-être été sanctionnée également. La pesanteur des conventions sociales rattrapent tous ceux qui osent s'égarer et franchir les limites que la société impose. Alec, le pêcheur repenti, a trop vite rejeté ses nouvelles idées et lui aussi a payé pour son inconstance.

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