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cleofee
CL Jean de Sponde, Sonnet sur la mort, XIIImprimerEnvoyer
Vendredi, 05 Mars 2010 08:45
Écrit par cleofee

Jean de Sponde, Sonnet sur la mort, XII

  • 12 sonnets : 2 séries

-Platonicienne (« oubli d’un mort », « souvenir d’une éternelle vie », sonnet VI)

-Dualité chrétienne et calviniste (dichotomie chair & esprit : énonciation de prédicateur (IV, VI),  personnalité du pêcheur troublé (IX), combat perso contre les tentations mondaines et charnelles offertes par « l’ange révolté » s’ajoute à la mise en accusation)

  • Sonnet XII= conclusion qui résume les 11 précédents

-Victoire à venir dans la force divine

-fin= raison esthétique : régulier, vers rapportés (sonnet rapporté), trace dans des poèmes grecs et latins (importés d’Italie en France après 1560 par Déportes, 27 de D’Aubigné, 31 chez Jodelle)

-lecture croisée : verticale+horizontale (rencontre puis attente de membres qui se correspondent), stances strophe 20.

 

Mouvement du texte :

3 premières strophes :

Amplification formelle du passage, explicitation des stances

Dernier tercet :

Main tendu de Dieu

 

Problématique : Tension de l’expérience mystique : résolution à la fin du sonnet et ostentation baroque de la forme (dépasser les mètres du sonnet régulier sur le terrain même de la régularité, l’excès de régularité est poussé jusqu’à l’ostentation) -> esthétique baroque.

Poème qui décrit la fureur d’une bataille : Les verbes donnent le ton (actions à la fois violentes et sournoises)

Allitérations en [s] + [t], Assonances en [e] nasal qui encadre le vers.

V.1 : Déroulement de la bataille se met en place : 2 adversaires, « tout »/ « moi »

V.2 : trinité de puissance maligne

V.3 : armes respectives

« Monde » : cours de la vie profane (mondain) qui s’oppose au divin

Allusion au diable par une Glossary Link périphrase (pas de développement pittoresque, ce n’est pas le diable des Tragiques de d’Aubigné avec tous les détails physiques) : c’est une représentation calviniste (puissance de destruction morale et intellectuelle).

Par rapport aux assauts répétés  qui sont soulignés (polysyndètes, reprises, cadence majeure v.3 créé par l’ajout de « inventé »), le « moi » ne peut dire ni ce qu’il est ni ce qu’il fait. Il y a une disproportion par rapport à l’humanisme du temps notamment dans la peinture.

« Effort » : force, violence

V.4 : Violence confiée aux verbes : 3 menaces de mort (Onde et profondeures abyssales, ébranlement et rupture d’assise, charme et attraction illusoire). Le « moi » y répond par le suel recours que lui laisse sa faiblesse : la prière anticipée au v.3 par « Seigneur ».

V.5 : « Quel » : ressort installé, l’interrogative v.7 est une licence poétique et le reste de la strophe amène la réponse. « Temple » installe le désir d’une nef (appui) et d’une voix qui lutte contre « l’oreille dormante ».

V.6 : Variations et inversions de polarité dans un mouvement de la prière qui est prolongé. Le son [m] des possessifs est à peine prononcé, étouffé entre les biens rêvés et la charité divine. Qui préfigure la puissance divine. On peut considérer la richesse de la palette sonore dans laquelle une prédominance de voyelles nasales suggère l’immunité de Dieu.

V.7 : Caractère anthropomorphique de Dieu dans une reprise de style biblique où le moi s’évanouit. On constate l’ Glossary Link ellipse de l’interrogation. Il reste Dieu, sa puissance et sa gloire. Cf. Les Tragiques d’Aubigné. Il s’agit cependant d’un rêve d’anticipation qui confond avant l’avènement de l’éternité passé/présent/futur.

V.9 : Retour décevant à soi et au présent : conscience de son néant, le moi ne peut éprouver sa nature que comme lieu de combat de forces antagonistes. Renversement de l’ordre des 3 puissances malignes.

V.11 : + celles corolaires des 3 menaces. Il s’agit de briser ce que le sonnet rapporté a de trop schématique et terminer sur une Glossary Link métaphore marine qui hante son esprit.

2e tercet : Nouvel élan vers le futur où l’interrogation est anéantie. Assurance soulignée par l’adversatif renforcé « mais »/ « pourtant ».  « Charme », « Elan », et « Onde » sont toujours présents mais sont renversé par la puissance divine. Le poème s’achève en mineure : silence suprême de la paix retrouvée. Cf. Psaume 62 : « Mon âme tais-toi en Dieu car mon attente vient de lui ».

 

Conclusion 

Pas de chute dans ce sonnet car il est en vers rapportés (reprises des menaces, conclusion qui ne s’illustre pas en tant que telle). La foi de Sponde n’est pas une foi tranquille, triomphale des époques de paix (ordre, merveille de la nature ou puissance de l’Eglise). Il s’agit d’un mysticisme troublé conquis sur l’inquiétude et plaçant hors de ce monde le royaume de la paix et de l’inconsta

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